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 Un dernier voyage vers l'ouest

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Douglas van Goroukov
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MessageSujet: Un dernier voyage vers l'ouest   Mer 12 Juil - 0:46

     Lorsque je parcours les environs d'Okana, ce n'est pas le fond l'océan qui défile dans ma tête, c'est les souvenirs que j'y ai forgés. La première épave que j'ai trouvée se trouve au fond de cette crevasse. De l'autre côté de cette faille se trouvait ma première cachette pour les trésors. Tiens, je me demande si quelque trésors n'ont pas été oublié là-bas. De toute manière, personne ne m'attends, donc je ne risque pas d'être en retard.
     Une cheminée sur la droite qui ne sort plus de fumée. Une colonne de pierre anciennement sur la gauche, maintenant sur le sol. L'endroit n'est plus le même, mais j'arrive à le reconnaître. On dirait que le lieu à perdu son âme en même temps que mes trésors. En déplaçant quelque pierres de la colonne effondrée, je retrouve la pierre rouge recouvrant l'entrée de mon magot. Cette dernière se soulève sans difficulté, laissant apparaître une mare de sable. J'essaie de creuser un peu, voir si des babioles se seraient retrouvées ensevelis, mais la chance ne me sourit point. J'imagine que je n'ai plus de raisons de rester là, il est donc tant de rendre ma première visite à mes parents en 10 ans. Avant de partir, je décide de quand même prendre ma pierre rouge, afin de toujours avoir un souvenir de cette mer.


     La vue d'Okana au loin me laisse sans voix. Le soleil se couchant derrière l'île lui confère une aura mystique. Le moment que j'attendais depuis si longtemps est enfin arrivé, me voilà de retour sur l'île où j'ai grandi. Mes parents sont là-bas, ne se doutant pas de mon arrivé. Le stress commence à monter en moi, une boule se forme dans mon estomac. Il faut que je me calme. Inspire… Expire… Inspire… Expire… Ça va déjà mieux. Le chemin restant jusqu'à l'île me permet de finir mes exercices respiratoires, et ainsi de regagner mon calme. Voulant à tout prix surprendre mes parents, je partis directement dans la forêt en remontant un petit cours d'eau, plutôt que d'arriver dans le centre-ville. 
     Le changement d'eau entre la mer et la rivière se fait sentir. Le courant est contre moi, l'eau s'est rafraîchit et, pire que tout, il n'y a plus que quelques mètres de profondeurs. La bâtisse en bois qui fut autrefois ma maison se tient devant moi, seulement, elle ne ressemble en rien à celle de mes souvenirs. Les murs paraissent plus sombres, le toit semble avoir disparu et la porte ne tient plus que sur un seul gond. J'ai un mauvais pressentiment. Un très mauvais pressentiment.
     « Allez, calme-toi. Inspire… Expire… Inspire… Expire »
Me parler à moi-même peut me faire passer pour un fou, mais c'est ce qui me permet de garder mon sang-froid. Je serre les poings, et m'approche doucement de la maison. Un pied après l'autre. La porte s'approche de moi. Lentement. Doucement. Sûrement. Le silence régnant n'est brisés que par le bruit que j’émets. Et non pas celui qui provient de mes pas, mais celui qui provient de mon torse. Je sens mon cœur se soulever à chaque inspiration. Je sens mon ventre se nouer à chaque expiration. 
     « Allez, plus que quelque mètre. Inspire… Expire… Inspire… Expire… Bien, maintenant que je suis devant la porte, je n'ai plus qu'à l'ouvrir. Je peux le faire. Je vais le faire. »
Les yeux fermés, je pousse la porte du bout de ma langue. Elle refuse de s'ouvrir, et m'oblige à la forcer. Elle se met même à grincer tout le long de l'ouverture, comme pour manifester son mécontentement. Malheureusement, elle finit par s'ouvrir, et me laisse une vision désastreuse. L'intérieur est noir. Complètement noir. Pas parce qu'il commence à faire nuit. Juste parce que tout est noir. Les meubles sont noirs. Les murs sont noirs. Le sol est noir. Seul le toit n'est pas noir, car il n'y a plus de toit. Je ne stresse même plus. Je suis juste apeuré. Pourquoi ma maison est comme ça ? Est-ce naturel ? Quelqu'un a-t-il fait ça ? Où sont mes parents ? Que dois-je faire ? Il va falloir que j'aille voir au centre ville pour avoir des réponses.
     Le retour en ville se fait dans la noirceur de la nuit, dans le silence de l'obscurité. Le village commence à se rapprocher. De la lumière est déjà visible au loin, et un faible bruit se fait entendre. On dirait qu'il y a un rassemblement chez l'un des habitants. Peut-être y retrouverai-je mes parents. Mon cœur recommence à s'emballer. Ça commence à devenir une habitude maintenant, mais ça ne m'empêche pas de toquer à la porte. Elle s'entrouvre, et laisse apparaître une femme assez belle, que j'ai probablement connue, mais sûrement oubliée. Quelques personnes dansantes derrière me regardent avant de s'arrêter de danser. J'arrive à reconnaître quelque personne, tandis que d'autres visages me paraissent inconnus. La femme qui m'a ouvert la porte s'excuse, et part chercher le chef. Pendant ce temps-là, la foule semble s'être scindé en deux discussions. Les visages familiers parlent de l'incident et de l’incendie, tandis que les autres parlent de ma condition inhabituelle, et d'un homme poisson partis il y a quelque temps. Peut-être l'un de mes parents, je demanderais ça au chef. D'ailleurs, le voilà qui pointe son nez. Il a l'air encore plus vieux qu'avant.
     « Viens, allons discuter dehors, j'ai pas mal de chose à te raconter » me dit-il, avant de sortir de la pièce. Je le suis dehors, en silence, sous la lune, sans oser parler le premier. Et je n'ai pas à le faire, il s'occupe de briser le silence pour moi.
« J'imagine que tu as quelques questions, vas-y, je répondrai à tout ce que tu me demanderas.
-Dans ce cas… Où sont mes parents ? Qu'est-il arrivé à notre maison ? Est-ce que l'homme poisson dont ils parlaient est l'un de mes parents ? Et aussi, est-ce que vous allez bien ? » Cette dernière question fait rire le chef :
     « Et bien, je ne m'attendais pas à ce que tu t'inquiètes pour moi. Mais ne t'en fait pas, je vais bien. Quant à l'homme poisson mentionné, ce n'est ni ton paternel, ni ta maternelle. C'était un certain Jahcarry, mais il est reparti avec d'autres personnes qu'il semblait connaître.
-Roh, c'est dommage, je n'ai encore jamais rencontré d'autres hommes poissons.» reprend-je en essayant de paraître le plus détendu possible. « Et pour le reste ?
-Ta maison à brûlé il y a quelques années. Le temps que l'on accoure les aider, tous étaient déjà partis en fumée. Et pour tes parents… Je suis désolé, mais ils n'ont pas réussi à sortir de la maison à temps. Ils ont été enterrés un peu plus loin, je vais te montrer où »
     Il me mène à travers la ville, sans que je sache vraiment pourquoi. Je n'ai déjà pas compris sa dernière phrase, et j'ai beau l'entendre parler maintenant, je suis incapable de l'écouter. Mon esprit est bloqué sur l'alliance se trouvant sur mon barbillon. Avant que je puisse m'en rendre compte, nous sommes arrêtés devant deux tombes se trouvant côte à côte, et face à l'océan. Je l'entends continuer à parler avant de repartir en direction de chez lui. Quant à moi, je décide de rester là assis, à ressassez de vielles histoires.

     Les minutes passèrent, puis les heures, puis les jours. Pourtant, je ne peux pas bouger. Je n'y arrive plus. Pour la première fois de ma vie, j'ai peur. Peur d'être seul perdus sur ces mers. Peur de ne plus avoir de pied-à-terre. Peur de ne plus avoir personne qui me connaisse. 
     « Monsieur, est-ce que vous vous sentez bien ? » demanda une timide voix derrière. « Cela fait pas mal de temps que vous êtes seul ici. Voulez-vous manger un morceau ? »
Une jeune dame se tient derrière moi. Dans une main elle tient un panier à moitié caché par une couverture, tandis que l'autre est scié par l'anse d'un grand seau d'eau.
     « Je vous ai aussi apporté de quoi vous lavez. J'aurai bien aimé apporter plus d'eau, mais je n'ai pas réussi à en prendre plus. J'espère que ça ira. »
Elle me regarde avec de grands yeux innocents. Les mêmes yeux que j’avais il y a encore quelque jours. Maintenant, mes yeux sont vides, mon visage inexpressif, et ma peau rêche. Trop rêche même, je vais avoir besoin de son eau. Je remercie la gente dame, et entreprends de m'humidifier le corps.
     « Ah ! Attendez, je vais vous aidez à atteindre votre dos. »
Je sens ses mains froides sur mon dos. Quand fut la dernière fois qu'une personne m'a aidée ? Quand fut le dernier contact physique que j'ai eu avec une autre personne ? Pas longtemps, mais je ne suis pas sûr que les coups comptent. Je comprends… Rien ne m'oblige à être seul. Libre à moi de trouver des personnes avec qui voyager, des personnes qui seraient une nouvelle famille. Libre à moi de fonder cette nouvelle famille. Après m'avoir aidé à me laver, nous partageons un repas composé de pain, de poisson, et de légume.
     « J'ai pris ma décision madame… Madame comment au fait ? » lui demandé-je en forçant un sourire.
« -Emma Bloom. Mais une décision à quel propos ?
-À mon propos. Je ne peux pas rester à me lamenter toute ma vie. J'ai promis à mes parents que je les retrouverai quand j'aurai exploré les mers de ce monde. C'est ce que je vais faire. Je vais repartir en mer. Je vais trouver des coéquipiers, et je vais visiter tous les abysses de ce monde. Je te remercie Emma. J'espère te revoir un jour. »
     Je vois Emma prise de court par mon changement d'attitude soudain, avant de reprendre : « Et bien, j'espère vous revoir un jour afin d'écouter toutes les merveilleuses histoires que vous aurez à raconter. Et je vous souhaite un bon courage, et un bon voyage. » me répond-elle en esquissant un sourire.
     Je régurgite la pierre rouge qui cachait mon ancien trésor, et la dépose sur les tombes. J'aide Emma à ranger ses affaires, et la raccompagne au village. Après un dernier au revoir au village, et un dernier adieu à mes parents, il est l'heure pour moi de changer de mer. Un dernier regard sur l'île montre Emma, un foulard à la main. Inspire...Expire… L'heure est venue. Je fais une dernière révérence à l'île, et pars en direction de South blue.
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